Oujda se prépare au Salon du livre maghrébin

By 01/10/2019 octobre 7th, 2019 Edition 2019

Plus de 160 conférenciers et 20.000 visiteurs attendus, une manne pour le tourisme
Le thème de cette année s’articule autour de la transmission des valeurs et des générations futures
Le Cameroun invité d’honneur

Le Salon maghrébin du livre soufflera, dans une semaine, sa troisième bougie. Une édition qui se tiendra du mercredi 9 au dimanche 13 octobre, sous le grand thème de «la transmission» dans son sens le plus large. L’objectif est de dépasser les obstacles qui justement plombent la transmission des legs culturels aux générations futures et réfléchir à un avenir maghrébin commun.

Faut-il transmettre tout le patrimoine à l’identique ou faut-il revoir les procédures d’application avec la volonté de démocratiser la lecture et l’art auprès des jeunes? Transmettre, c’est apprendre à réinventer, à transgresser lorsque les circonstances l’imposent. Plus encore, la transmission à l’identique ne risque-t-elle pas de conduire à la fermeture, puis à l’extrémisme ou à l’extinction? Combien de civilisations prestigieuses se sont tues faute d’avoir su se renouveler?… Autant de questions qui taraudent les organisateurs et auxquelles un large panel d’intervenants tentera de répondre.

Dédié aux étudiants universitaires et élèves des établissements scolaires, le Salon cherche à leur transmettre les legs des aïeuls tout en les encourageant à développer leur propre interprétation des faits culturels.

Aussi, ce ne sont pas moins de 160 experts qui sont conviés à cet événement et qui seront regroupés autour de 36 tables rondes. Il sera question de 4 thématiques: Les savoirs, au-delà des frontières, l’éloge de la traduction et les héritages.

Le premier axe débattra de l’importance des savoirs futurs, les modes de transmission, l’art de la transmission, la décolonisation des savoirs, l’enfant et les héritages culturels. Le second thème sera consacré aux nouveaux horizons des cultures et du dialogue universel. Quant à la troisième thématique, elle focalisera sur le pluriel des langues, les cultures en dialogue, la traduction et le sacré. Et, in fine, il sera question des origines du gharnati et du flamenco, des chemins et de la richesse de l’histoire.

Deux hommages seront également rendus à Frantz Fanon et Charles-André Julien. Le premier pour avoir considéré l’écriture comme acte d’affirmation et de rébellion au travers de son livre «Peau noire, masque blanc». Le second pour avoir été le premier doyen de la faculté des lettres du Maroc indépendant.

Aussi pour une relecture attentive de ses travaux d’historien, des contextes dans lesquels ils ont été produits et de leur actualité pour le XXIe siècle. La programmation du Salon maghrébin du livre fait la part belle à la jeunesse, avec des activités et tables rondes spécifiquement pensées pour le public scolaire et étudiant. Aussi porteront-elles sur les thèmes de l’héritage digital, de l’art de rue comme vecteur de transmission, du cinéma en tant que porteur de savoirs, du féminisme et de l’interculturalité.

De nombreux ateliers sont également prévus: création de contenu web, poésie et slam, recyclage artistique, et même scriptural reasoning, un outil de dialogue interconfessionnel qui permet d’explorer les Écritures religieuses et d’apprendre à «mieux être en désaccord». Au programme également, des speed meetings avec des auteurs ou professionnels des métiers du livre pour favoriser l’échange et la transmission d’expérience.

Orienta 7, l’art dans la ville

Dans le cadre de cette manifestation consacrée au livre, l’association «Réseau d’Art A-48», en partenariat avec l’Agence de l’Oriental (initiatrice du Salon du livre), organisera l’Orienta7. Un événement artistique pluridisciplinaire sous forme de visite guidée et de redécouverte de plusieurs lieux d’Oujda et de Jerada. Une approche singulière pour rendre hommage au géographe, cartographe et voyageur musulman, Charif Al Idrissi qui a rendu le Maroc célèbre par ses explorations. L’animation proposée est un périple dans 7 provinces culturelles et artistiques, en référence au découpage opéré par Al Idrissi dans son Atlas.

La bibliothèque Charif Al Idrissi, située dans le cœur historique de la ville, constituera le point de départ du parcours. Le visiteur, muni d’une carte, découvre les différentes provinces artistiques et culturelles, dans différents lieux de la ville. Aussi, Oujda se présentera comme un musée à ciel ouvert et laissera apparaître ses joyaux architecturaux.

Source : L’économiste