Les archives, une courroie de transmission des savoirs

By 10/10/2019 octobre 11th, 2019 Edition 2019

Les participants à une rencontre organisée, jeudi à Oujda dans le cadre de la 3è édition du Salon maghrébin du livre, ont mis l’accent sur l’importance des archives et leur rôle dans la transmission des savoirs et des valeurs.

Les archives n’ont pas seulement un intérêt historique ou patrimonial, elles revêtent aussi un intérêt pour le présent et le futur, ont-ils souligné, qualifiant les documents d’archives de « courroie » de transmission des savoirs.

Notant que le présent est tributaire du passé, les universitaires, chercheurs et archivistes qui ont animé une conférence autour du thème « Archives et transmission du Savoir » ont affirmé que les archives, habituellement conservées pour leur valeur historique, sont d’une importance capitale.

Ce véritable trésor permet, parfois, de retracer avec précision ce qui s’est passé, autrefois, ont-ils encore ajouté, faisant remarquer à cet égard que les documents archivistiques, qui peuvent avoir plusieurs formats et être conservés sur différents supports matériels, permettent d’étudier le passé et d’en tirer des enseignements et des leçons.

La rencontre qui a réuni des intervenants représentant notamment le Maroc, la France et le Cameroun a constitué une occasion pour donner un aperçu sur le travail accompli par les établissements en charge de la collecte et de la gestion des Archives dans ces pays.

L’accent a été mis également sur les moyens à mobiliser et les conditions de conservation des archives, les supports audio-visuels et le développement fulgurant de la technologie, les défis liés à la fiabilité et à l’authenticité des documents d’archives et le rôle de l’archiviste et des historiens.

De l’avis de certains intervenants, l’institution archivistique est la prothèse de la vie et de la mémoire de l’homme.

Dans une déclaration à la MAP en marge de cette rencontre, le directeur des Archives du Maroc, Jamaâ Baida a expliqué que les Archives du Maroc est un établissement public stratégique qui a émané des recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) dans lesquelles l’Instance a demandé à ce que le royaume soit doté d’une loi des archives et d’un établissement public exclusivement dédié à l’archive.

Il a rappelé dans ce sens qu’une réglementation des archives a été promulguée le 30 novembre 2007 et que cette loi porte principalement sur la définition des archives et des archives publiques, l’organisation des archives publiques, la communication des archives publiques, et sur l’institution « Archives du Maroc », son organisation et ses missions.

Il a également rappelé que sur sa proposition, la date du 30 novembre a été consacrée comme Journée nationale des archives, une façon, selon lui, de valoriser ce métier.

« Archives du Maroc », qui a été consacré établissement public stratégique en 2012, compte à son actif plusieurs réalisations à commencer par la diffusion d’une culture des archives, notamment auprès des décideurs, a-t-il souligné, affirmant à cet égard que l’archive n’est pas seulement le patrimoine du passé.

« C’est certes un patrimoine du passé mais c’est aussi la gestion quotidienne de l’administration, des différents départements ministériels et des différents établissements ayant une vocation publique », a-t-il argué, notant que des avancées ont été obtenues à ce niveau en promulguant et en éditant un guide référentiel de la gestion des archives publiques au Maroc.

Fruit d’un travail de deux ans sur la base d’un état des lieux très détaillé, ledit guide a permis la promotion d’une gestion transparente et moderne des archives, a expliqué M. Baida, ajoutant que le Maroc est engagé, depuis des décennies, dans un processus de démocratisation qui garantit aux citoyens ses droits, et que l’archive permet aussi de garantir les droits humains.

Il a de même mis l’accent sur les efforts déployés pour la valorisation des archives auprès du grand public via notamment des expositions d’archives, dont la dernière a porté sur le thème « Présence chrétienne au Maroc : Le vivre-ensemble » et qui a connu un très grand succès.

« Mon souhait est que les messages que nous voulons véhiculer par les archives soit relayés par la presse mais aussi par les manuels scolaires. L’objectif étant de rendre un grand service à notre jeunesse », a-t-il conclu.

La troisième édition du Salon maghrébin du livre « Lettres du Maghreb », initiée sous le thème « La transmission », s’est ouverte mercredi soir à Oujda, avec la participation de plusieurs intellectuels et professionnels de l’édition du Maghreb et d’ailleurs.

Le Cameroun est l’invité d’honneur de cette édition qui se tient jusqu’au 13 octobre, sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI.

Quelque 300 intervenants, auteurs et conférenciers participent à cette édition, en sus d’une quarantaine d’éditeurs, dont 10 étrangers.

Source : MAP