Le street art, outil de mise en valeur des espaces urbains

By 12/10/2019 Edition 2019

Les participants à une table ronde sous le thème «Street art : de l’expression à la transmission», tenue dans le cadre de la 3ème édition du Salon maghrébin du livre «Lettres du Maghreb» à Oujda (09-13 octobre), ont souligné le rôle du street art dans la mise en valeur des espaces urbains et le rapprochement de la culture aux citoyens.

Les intervenants lors de cette rencontre, qui fait partie de la programmation jeunesse de «Lettres du Maghreb», ont relevé que le street art est sorti, partout dans le monde, du cliché d’«art rebelle» ou d’«art illégal» et a démontré sa capacité, lorsqu’il est déployé en bonne intelligence avec les autorités, à faire revivre des zones urbaines délaissées ou en difficulté et à les rendre attractives.

Qu’il s’agisse du graffiti ou de performances vivantes (Freestyle, musique, performances artistiques diverses), le street art a également pour caractéristique d’être essentiellement fait par et pour les jeunes, ce qui en fait un moyen d’expression particulièrement prisé par cette catégorie.

Dans ce sens, Idriss El Fateh Hadef, président de l’association Passagers, qui travaille sur la vulgarisation de l’action artistique des jeunes sous de nouvelles formes, a souligné que le street art est adopté par les jeunes créateurs d’Oujda en raison de l’absence d’espaces culturels faits spécialement pour cette catégorie, qui privilégie des activités auxquelles on assiste debout, alors que les espaces culturels sont conçus avec des places assises.

Le street art est aussi un moyen de faire sortir l’art vers la rue et d’aller à la rencontre de gens qui ne sont pas habitués à fréquenter les espaces culturels, a-t-il noté, ajoutant que si ce genre d’expressions culturelles de la jeunesse se heurte, au départ, à de la méfiance, voire du refus de la part des habitants, ceux-ci ne tardent pas à apprécier le street art et même se l’approprier.

A cet égard, le professeur universitaire Jamal El Haddadi a rappelé que contrairement à l’idée reçue, l’art de la rue n’est pas né aux Etats-Unis à la fin du siècle dernier, mais constitue un mode d’expression et de création connu depuis les temps anciens, qui a pris plusieurs formes à travers les siècles, comme, au Maroc, celle de la «Halqa».

Certes, c’est aux Etats-unis que le street art dans sa forme moderne a été codifié, devenant dans les années 90 un véritable phénomène de société englobant différentes formes d’expression et de création : graffiti, performances sportives, musique, tours de magie, a-t-il poursuivi.

La rencontre a été également marquée par la présentation de l’expérience du Collectif Tzouri, une association qui travaille sur l’art mural et qui a réalisé de remarquables fresques, entre autres dans la médina d’Oujda et au sein du CHU d’Oujda.

La 3ème édition du Salon Maghrébin du Livre (Lettres du Maghreb), qui s’est ouverte mercredi à Oujda sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, connait la participation de grands noms de la culture et de la littérature marocaine et internationale.

Au menu de cette manifestation culturelle, 36 tables rondes, 10 expositions d’art plastique, deux soirées poétiques et plusieurs activités pour les jeunes et les enfants.

Outre le Salon où sont exposés des livres selon les normes internationales de l’édition et de la mise en valeur de l’édition et de la lecture, sont prévus un salon du livre jeunesse, un espace éveil à la lecture pour les enfants, un espace métiers du livre et un café littéraire pour les dédicaces et les rencontres avec les auteurs.

Source : MAP