Le Féminisme au cœur d’une conférence-débat

By 12/10/2019 octobre 13th, 2019 Edition 2019

La lutte féministe est un combat qui remonte à l’époque coloniale, où les femmes se sont battues pour leur liberté et leurs droits tout en luttant contre le colonialisme qui entravait grandement leur émancipation, ont affirmé, samedi à Oujda, les participantes à une conférence en marge de la troisième édition du Salon Maghrébin du Livre (Lettres du Maghreb).

Dans son intervention à l’occasion de cette conférence-débat sous le thème « Les Féminismes », la politologue française, Françoise Vergès, a mis en exergue un « féminisme décolonial » qui se dressait à la fois contre le sexisme, le racisme et l’impérialisme.

La militante féministe a expliqué que le « féminisme décolonial », remet en question le féminisme « pensé par et pour les femmes blanches », sans tenir compte de la situation de la femme noire, asiatique ou orientale, qui ont des traditions et des coutumes différentes de celles de la femme occidentale.

« Toutes les femmes ne sont pas identiques dans le monde et ne vivent pas dans les mêmes conditions », a insisté, dans ce sens, Mme Vergès.

« Ce que j’appelle féminisme décolonial, est un féminisme, qui, tout en reconnaissant qu’il y a une domination masculine, ne se focalise pas sur la question de l’égalité des genres, pour s’intéresser à la manière dont le contexte économique et politique construit les femmes et les hommes », a-t-elle souligné.

Pour sa part, la chercheuse à l’université Ibn Tofail, Sanae Ghouati, a indiqué que le féminisme, en tant que mouvement, est apparu durant la deuxième moitié du 19ème siècle et avait pour ambition d’améliorer la condition féminine et de permettre aux femmes de bénéficier des mêmes droits que les hommes.

Toutefois, dès le siècle des lumières, certains auteurs comme Denis Diderot se sont penchés sur la question de la condition féminine, a fait observer Mme Ghouati.

Le Salon Maghrébin du Livre (Lettres du Maghreb), qui s’est ouvert mercredi à Oujda sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, connaît la participation de grands noms de la culture et de la littérature marocaine et internationale.

Au menu de cette troisième édition, 36 tables rondes, 10 expositions d’art plastique, deux soirées poétiques et plusieurs activités pour les jeunes et les enfants.

Outre le Salon où sont exposés des livres selon les normes internationales de l’édition et de la mise en valeur de l’édition et de la lecture, sont prévus un salon du livre jeunesse, un espace éveil à la lecture pour les enfants, un espace métiers du livre et un café littéraire pour les dédicaces et les rencontres avec les auteurs.

Source : MAP