Hommage posthume à la mémoire de Fatema Mernissi

By 11/10/2019 octobre 12th, 2019 Edition 2019

Une cérémonie en hommage posthume à la mémoire de Fatema Mernissi a été organisée vendredi à Oujda, en marge du Salon Maghrébin du Livre, mettant en relief l’engagement de la défunte pour la cause féminine et ses pensées profondes du monde arabo-musulman.

A cette occasion, l’ancien président du Conseil national des droits de l’Homme, Driss El Yazami, a indiqué que cet événement est une occasion de se remémorer la vie, les écrits et les pensées de cette écrivaine qui a soulevé de nombreuses causes importantes pour la jeunesse du Maroc.

M. El Yazami a rappelé le parcours de cette « grande dame », un chemin caractérisé par une lutte acharnée dans la défense des droits des femmes et l’amélioration de la condition de vie féminine. Il a également appuyé le rôle joué par Fatima Mernissi dans les discussions autour de la nouvelle Moudawana au début du siècle.

L’ancien président du CNDH a par ailleurs présenté un ouvrage intitulé « Fatema Mernissi, la savante et l’engagement », qui compte la participation de 30 auteurs marocains témoignant de leur grande admiration pour la regrettée et pour sa carrière d’auteure exceptionnelle.

De son côté, la sociologue et écrivaine Aicha Belarbi a insisté sur l’apport extraordinaire de Fatema Mernissi sur des questions abordant les femmes, les jeunes, l’islam ou encore la démocratie.

Elle affirme que « la liberté d’expression était son principe de base et l’action, le moyen le plus important pour l’affirmation de soi et pour le changement social ».

Pour Mme Belarbi, la place de la femme au sein de la société musulmane était l’origine de la réflexion de Fatema Mernissi, et c’est en effet ce qui l’a poussée à écrire des ouvrages dans ce sens, notamment le « Harem Politique » publié en 1987.

Ce livre, rapporte la sociologue, est venu à un moment déterminant de sa vie, à l’instant où elle s’interrogeait sur la raison de l’absence des femmes marocaines des postes de décision, malgré le fait qu’elles soient compétentes et formées.

« Passionnée des sciences de l’Homme et des œuvres de l’esprit, Fatema Mernissi n’avait de souci que pour ses enquêtes et ses investigations et refusait sciemment les tentations de la visibilité sociale et de la notoriété médiatique. Elle fit preuve d’une exceptionnelle acuité dans ses travaux académiques et ses œuvres et institua ainsi un cadre propice au déploiement d’une pensée critique mise au service de la modernisation du Maroc postcolonial”, peut-on lire sur la préface de « Fatema Mernissi, la savante et l’engagement », écrit par M. Driss El Yazami.

Source : MAP