Sophie Bessis

Chercheuse France

Agrégée d’histoire. s’est ensuite spécialisée dans l’économie politique du développement, les relations Nord-Sud et la condition des femmes en Afrique et dans le monde arabe.
Est actuellement chercheure associée à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) après avoir enseigné à l’Université Paris I et à L’Institut des langues et civilisations orientales (INALCO).
A été entre autres membre du Haut Conseil français de la coopération internationale en 2000-2001, Secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des droits de l’homme de 2004 à 2013, membre de la Haute Instance tunisienne pour la sauvegarde de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique en 2011.
A publié de nombreux ouvrages. Derniers titres :
– L’Occident et les autres, histoire d’une suprématie, Paris, La Découverte, 2001.
– Les Arabes, les femmes, la liberté. Paris, Albin Michel, 2007.
Bourguiba (avec Souhayr Belhassen). Edition Elyzad Tunis 2012 (réédition, première édition en 1988).
– La double impasse, l’universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchand. Paris, La Découverte 2014.
– Les Valeureuses, cinq Tunisiennes dans l’Hitoire. Elyzad, Tunis 2016
– Histoire de la Tunisie de Carthage à nos jours, Tallandier, Paris 2019

Au Maghreb, écrire l’histoire est une entreprise difficile. Les personnels politiques qui ont pris la tête des nouveaux Etats à l’indépendance ont en effet forgé une histoire officielle laissant peu de place à la complexité et aux contradictions et qui a eu pour but essentiel de conforter leur rôle dirigeant et les idéologies qui les ont animés. A travers l’exemple tunisien, on tentera de montrer comment il est nécessaire de déconstruire les romans nationaux pour donner à lire aux citoyens leur histoire débarrassée de ses instrumentalisations successives et en faire un outil pour la compréhension du présent et la construction de l’avenir. La transmission, par une nouvelle génération d’historiens, d’une relation historique en rupture avec les récits tronqués et/ou manipulés fait aussi partie – dans cette région du monde comme ailleurs – de la construction de la citoyenneté.