Oujda, ville capitale pour la culture

Le Salon Maghrébin du Livre, «Lettres du Maghreb», sera en 2018 l’une des manifestations prévues en cette année exceptionnelle qui voit Oujda distinguée du titre de «Capitale de la Culture Arabe» par l’Organisation Arabe pour l’Éducation, la Culture et les Sciences. Mais cet événement, parmi plus de neuf-cent programmés pour l’occasion, sera incontestablement l’un des plus brillants, des plus retentissants aussi. Rappelons tout d’abord qu’Oujda, capitale régionale de l’Oriental Marocain, est la ville  du vivre ensemble de communautés multiples, de spiritualités diverses, d’origines différentes brassées au fil des siècles ; une ville exceptionnelle sous cet angle au Maghreb et pourtant une ville qui ressemble au Maghreb et faite à son image, constituée d’apports culturels successifs des plus variés étonnamment fondus en un alliage où chacun conserve son identité tout en s’insérant dans une société commune. Cette histoire singulière est féconde au sens où elle a produit aujourd’hui une ville infiniment riche de ses contrastes et de patrimoines aux sources aussi diverses que multiples.

C’est en cela que le Salon «Lettres du Maghreb» ressemble à la ville qui l’accueille. Le Salon est africain, notamment par ses participants et son invité d’honneur – la République de Côte d’Ivoire en 2018 – comme il est maghrébin par essence et jusque dans son intitulé ; il est marocain bien sûr et même un peu européen notamment pas les éditeurs étrangers qui s’intéressent à nos littératures. Mieux encore, le thème de l’universalité permettra aux participants des tables rondes d’exprimer sous différentes approches leur vision des apports de nos identités culturelles à la construction de la civilisation universelle ; un très beau challenge.

Dès sa première édition, le Salon «Lettres du Maghreb» a été salué comme un grand succès, audelà même des attentes. Il a certainement ainsi contribué à faire d’Oujda une capitale culturelle en démontrant l’intérêt des acteurs régionaux et locaux, avec les institutions nationales à leur côté, pour les auteurs, les artistes, la création et l’innovation. On le sait, le Ministère de la Culture et de la Communication soutient pleinement les initiatives valeureuses en Région, notamment par le développement des infrastructures.

A Oujda, le Grand Théâtre Mohammed VI en témoigne, qui accueille à nouveau le Salon Maghrébin du Livre, mais aussi d’autres villes de l’Oriental, dont Nador, Driouch, Debdou, Berkane, Bouarfa, Guercif bientôt, où de nouvelles réalisations voient le jour.

L’Oriental est terre de culture et l’affirme désormais de façons multiples. La littérature en particulier trouve à Oujda la place d’un coeur battant pour l’ensemble du Maghreb et cette situation repousse les frontières de sa notoriété, de son image, et de son influence.

Déjà, les éditeurs présents au Salon seront plus nombreux en 2018 que l’an dernier, maghrébins, africains et européens notamment, et cela montre bien qu’il s’agit désormais pour eux d’un évènement important à ne pas manquer. Les
tables rondes, riches et souvent passionnantes, voire passionnées, en 2017, seront sans doute encore plus fécondes et animées en 2018.
Que les intellectuels, les artistes, les auteurs, les éditeurs, les visiteurs de tous âges et tous les nombreux participants étrangers soient les bienvenus au Maroc ! Que leurs homologues marocains tirent également joie et avantage de cette magnifique rencontre !

 

Mohamed AL AARAJ
Ministre de la Culture et
de la Communication

« Un tel hommage rendu ne peut passer inaperçu »

C’est avec un bonheur immense que la Côte d’Ivoire prend part à la deuxième édition du Salon Maghrébin du Livre d’Oujda avec le titre envié de «Pays à l’honneur». Être mis à l’honneur, c’est bénéficier des pleines lumières qu’offre un tel événement auquel participent de nombreux professionnels du livre et les intellectuels en provenance de nombreuses régions du monde. Pour qui connaît la qualité des relations entre nos deux États, un tel hommage rendu à mon pays ne peut passer inaperçu. En effet, il prolonge la longue amitié qui unit le Royaume du Maroc et la République de Côte d’Ivoire, comme voulue par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président Alassane Ouattara.

La coopération est un admirable trait d’union entre les peuples partageant une vision complémentaire du monde et des valeurs communes de solidarité. Elle est une entreprise ambitieuse et exigeante. Elle est rencontre sincère. Elle est échange, puis fusion des énergies singulières. Elle est donc créatrice de vies.

Celle qui unit nos deux pays est exemplaire à plus d’un titre : elle permet de regarder l’avenir avec optimisme. De nombreux professionnels du livre saluent cet état des lieux. Ils y trouvent des commodités pour le développement de leurs activités respectives par-delà les frontières.

Ceux de Côte d’Ivoire qui prennent part au Salon Maghrébin du Livre d’Oujda tireront un grand bénéfice de leur présence, comme le veut l’esprit des Salons de ce genre. C’est pourquoi, ils sont venus avec tout leur savoir-faire. Ils sont aussi présents avec tout leur amour, pour inviter au renouvellement continuel de ces rencontres autour du livre et au service du livre en Afrique et ailleurs dans le monde.

Je suis convaincu que l’excellente programmation proposée aux participants et aux divers publics de visiteurs permettra de riches partages d’expériences et de visions, pour la satisfaction de tous. Je tiens à féliciter, avec les mots les mieux sentis, les autorités marocaines. Je n’oublie pas les initiateurs de ce Salon, ainsi que l’Union Professionnelle des Editeurs du Maroc. En faisant du Salon Maghrébin du Livre d’Oujda, «Lettres du Maghreb », une porte fédératrice grandement ouverte sur le monde, ils lui donnent de belles couleurs. En y mettant à l’honneur la Côte d’Ivoire, ils témoignent des espoirs attendus de notre industrie du livre. Ces espoirs, nous continuons de les porter chaque fois plus haut, dans la droite ligne de la vision tracée par Son Excellence M. Alassane Ouattara.

 

Maurice Kouakou  BANDAMAN
Ministre de la culture et de la Francophonie
de Côte d’Ivoire

La migration est aussi un fait culturel

A nouveau et comme en 2017, et même davantage peut-être, le thème de ce deuxième Salon «Lettres du Maghreb» est en prise directe avec les préoccupations du Ministère délégué auprès du Ministère des Affaires Etrangères, chargé des Marocains Résidant à l’Etranger et des Affaires de la Migration. Les problèmes que nous affrontons résultent de questions culturelles au moins autant que d’attractivité économique, laquelle est largement altérée par les difficultés que rencontrent la plupart des pays vers lesquels les migrants souhaitent s’installer.

Au Maghreb comme en Europe, le récit national est écrit dans les livres, puis repris par le cinéma par exemple. Dominer le livre, c’est diffuser des identités, des lectures de l’histoire et des modernités, forcément au détriment d’autres compréhensions promptes à valoriser des modèles importés.

Dominer les imaginaires, c’est canaliser les aspirations vers un ailleurs mythifié. C’est à leur insu que nos migrants sont aussi des victimes de discours teintés d’idéologies et de réalités biaisées dont ils n’ont pas les codes de compréhension.
A partir des Indépendances, avec une population au départ en forte proportion analphabète, c’est dans les livres et la lecture que résidait le moyen de construire les citoyens maghrébins nouveaux. Aujourd’hui, malgré l’immense effort d’alphabétisation, la lecture reste un parent pauvre. Plusieurs générations ont grandi dans nos pays privées des auteurs nationaux et donc de lectures en rapport avec leur vécu, leur culture, leur contexte de vie. Les problèmes d’accès au livre, son prix relativement élevé et sa diffusion limitée, ont fait le reste.

Ainsi, l’imaginaire, de nos jeunes en particulier, est rempli de modèles venus d’ailleurs, de fait à prétention universelle.
C’est bien dans l’écrit, physique ou numérique, que s’ancre cette situation qui sera portée ensuite par l’image et toutes sortes de canaux, parfois précisément bien plus accessibles que le livre. C’est bien dans le livre maghrébin que se trouve la clé d’une valorisation, d’une nouvelle fierté d’appartenance, d’une ré-appropriation positive des cultures d’origine.
Le livre maghrébin apparaît ainsi comme l’un des véritables antidotes à l’émigration maghrébine, et ce d’autant plus que les migrants sont loin d’être les plus pauvres et les moins instruits de nos jeunes.

La problématique migratoire est donc bien en lien direct avec la place de nos productions intellectuelles et culturelles et il y a effectivement lieu d’être présent à cette deuxième édition du Salon Maghrébin du Livre, «Lettres du Maghreb», surtout après la grande réussite de la première édition qui a montré l’abondance, la richesse et l’impact des créations, dans tous les secteurs des arts et des lettres, que les pays d’accueil doivent à l’émigration.
Avec «Oujda, capitale de la culture arabe», cette deuxième édition de 2018 prend un sens particulier et construit une part d’universel.

 

Abdelkrim BENATIQ
Ministre délégué aux Marocains Résidant à l’Étranger
et aux Affaires de la Migration

La culture du développement

A l’échelle du monde, faisons un premier grand constat : celui des limites, en termes de développement des projets conçus et lancés dans les années 1970. Les analyses et travaux des organisations multilatérales en attestent.
A l’échelle du Royaume, la réflexion a fait son chemin et les stratégies d’action débutent avec les Discours Royaux visionnaires et stratégiques successifs de Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, dès son accession au trône : entre autres, en 2003, pour notre Région, «l’Initiative Royale de Développement de l’Oriental»… en 2014, le Discours du Trône prônant déjà la prise en compte et la valorisation de nos patrimoines immatériels.
Le souverain sut faire entrer progressivement le pays dans l’ère du développement durable, en faire un exemple pour les énergies vertes, et lui assigner aujourd’hui l’impératif de revoir son modèle de développement pour le rendre plus inclusif et générer plus de richesses et d’emplois chez nous.

Ainsi, la démarche des multiples organismes des Nations Unies et celle du Royaume du Maroc ont convergé pour ancrer la culture dans toutes les politiques de développement. Celles-ci sont désormais, dans tous les esprits, insécables de la culture : pas de développement sans existence intellectuelle, affective, esthétique, spirituelle…
Avec le concept de culture est venu celui d’identité là aussi, le Royaume a innové dans sa Constitution adoptée dès 2011 : reconnaissance de nos racines multiculturelles autour de nos valeurs fondatrices : un socle pour s’élancer sereinement vers «les autres», nos voisins du Maghreb bien sûr, mais le reste du monde aussi.
N’avons-nous pas, avec le Raï, l’exemple d’une musique régionale maghrébine devenue mondiale lorsqu’enfin sont réunis les moyens de la faire connaître ?
N’avons-nous pas aussi constaté l’engouement international pour la musique arabo-andalouse de style Gharnâti déjà partagée au Maghreb bien sûr, mais aussi outre Méditerranée ? Ces productions culturelles communes sont des sujets de fierté à l’international.
Alors qu’en est-il du livre, de la littérature, de l’édition et de nos auteurs ? Plusieurs de nos pays possèdent des Salons du livre qui rencontrent de véritables succès auprès de leurs auteurs et des lecteurs nationaux. Mais au Maghreb ? Que se passe-t-il à son échelle ? Malheureusement trop peu de choses encore. Sommes-nous condamnés à voir célébrer ailleurs nos auteurs partis publier à l’étranger ? Je salue leur travail, mais que ne sommes-nous capables de valoriser ici au Maghreb et d’abord chez nous notre diversité et notre patrimoine culturel commun ainsi que les savoir-faire qui y sont liés ! Nous avons en partage une formidable ressource culturelle pour asseoir notre développement économique et social !

Ce que nous célébrons à Oujda, au Salon «Lettres du Maghreb», et pour la deuxième année consécutive, c’est un cadre propice à la construction d’un avenir prospère, intelligent, constructif, ouvert, inclusif, tolérant.

Nous pouvons ici exprimer haut et fort une volonté commune de faire exister une édition maghrébine cohérente et solidaire à l’échelle de la sous-région autour de nos auteurs et de nos éditeurs.
Nous saluons avec bonheur la présence de nos nombreux invités étrangers, notamment l’invité d’honneur, la République de Côte d’Ivoire cette année. Il faut y voir l’intérêt qu’ils portent à notre démarche et l’heureuse adhésion qu’elle provoque.

Mouâd EL JAMAI
Wali de la Région de l’Oriental
Gouverneur de la Préfecture d’Oujda-Angad

La Région dans l’économie de la création

Au fil des actions culturelles menées dans la Région et à l’international, l’Oriental construit progressivement une image de marque qui l’inscrit dans l’économie de la création, de la connaissance et de la valorisation de ses patrimoines.

Ces activités sont en forte croissance à l’échelle du monde. Elles génèrent, dans toutes les Régions où elles se développent, de nombreux emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes. Une croissance forte et inclusive, c’est précisément ce que le Conseil de la Région cherche à construire dans l’Oriental, secteur par secteur. Des avancées notables sont enregistrées dans notre Région. La numérisation de l’économie de la création et de la connaissance n’y est pas un vain mot.

Les sociétés de services et les industriels des différentes filières de la communication, les établissements d’enseignement – l’Université Mohammed 1er d’Oujda tout particulièrement – et les organismes publics sont entrés de plain-pied dans l’ère numérique.
C’est aussi le cas pour la création contemporaine plasticienne, par la photographie et les vidéos notamment. Des artistes de l’Oriental ont d’ailleurs utilisé ces nouveaux outils à Oujda comme à Paris et Bruxelles et on peut le constater à la Galerie d’Art Moulay El Hassan dans l’exposition présentée en accompagnement de ce Salon «Lettres du Maghreb». La communication à l’échelle régionale, via les sites d’information et les radios par exemple, et bien d’autres supports, est également à l’unisson de cette modernité. Ce que le livre nous a apporté en 2017 est un supplément d’image que ce deuxième Salon «Lettres du Maghreb» vient renforcer en 2018. Avec le livre, nous nous affirmons dans la grande tradition de la production intellectuelle et littéraire, celle du roman, de la nouvelle, du conte, de la poésie… «Lettres du Maghreb» fait donc franchir un nouveau pas, décisif, à l’image régionale et lui assigne un positionnement très haut placé dans l’univers de la création ; conforter cette démarche de marketing territorial et manifester notre volonté de promouvoir nos artistes régionaux, auteurs ou plasticiens, sont les raisons majeures du puissant soutien que lui apporte le Conseil de la Région.

Mieux, le choix du rayonnement maghrébin rejoint une ambition que la géographie comme l’histoire ont conféré à notre Région. Oujda est en 2018 consacrée «Capitale de la culture arabe» et c’est une très belle distinction.La ville est par nature un coeur battant du Maghreb et, à travers ce choix, c’est aussi le Maghreb qui est distingué. Bien entendu, le succès de notre premier Salon Maghrébin du Livre a joué son rôle dans cette  reconnaissance.
A l’heure où la Région de l’Oriental cultive et développe ses liens avec de nombreux pays d’Afrique, je salue le choix de la République de Côte d’Ivoire comme invité d’honneur. L’Oriental Marocain veut offrir à tous le visage d’une Région de forte culture, ouverte au monde comme elle le fut tout au long de son histoire, tolérante et soucieuse des arts comme des lettres…
bienvenue à tous nos invités et pleine réussite à cette deuxième édition de «Lettres du Maghreb».

 

Abdennabi BIOUI
Président du Conseil
de la Région de l’Oriental

Le choix par l’Organisation Arabe pour l’Education, la Culture et les Sciences, à l’unanimité de ses membres, d’élever Oujda au rang de «Capitale de la culture arabe» en 2018 est une fierté, un honneur, une distinction qui va marquer durablement les esprits, non seulement dans notre belle cité, mais très largement dans l’ensemble du monde arabe et même au-delà sans doute. Sans manquer d’humilité, nous y trouvons certes une reconnaissance pleine et entière de la ville pour son histoire millénaire, ses patrimoines multiples, ses femmes et ses hommes de si grande valeur qu’ils ont marqué l’histoire du Royaume et parfois d’autres pays frères, mais nous voulons aussi y voir la célébration de nombreuses actions publiques apportées en soutien à nos talents régionaux et locaux.

Oujda n’a pas qu’une histoire ancienne ; elle fait vivre aussi ses cultures au présent et développe depuis de nombreuses années des festivals et des événements de différentes natures qui satisfont les attentes culturelles des habitants de notre capitale régionale, mais qui participent aussi considérablement à son rayonnement, national et international.

Nos artistes régionaux sont les meilleurs moteurs de nos productions culturelles et nos publics d’amateurs éclairés permettent à bien des talents venus d’ailleurs de s’exprimer aux côtés des créateurs d’Oujda et de l’Oriental.
Certains axes de création culturelle sont ainsi devenus des priorités car ils ont chez nous un public et mobilisent des artistes d’ici ou d’ailleurs qui font références, à Oujda comme à l’international. La musique arabo-andalouse de style Gharnâti voit son public croître et sa promotion s’amplifier ; le Raï avec son célèbre et emblématique festival annuel, est prisé par notre jeunesse, bien au-delà des frontières régionales.

Les artistes plasticiens de l’Oriental s’exposent et sont promus en des lieux prestigieux à l’étranger, à Paris, Lille et Bruxelles notamment. Beaucoup de nos patrimoines traditionnels bénéficient également de manifestations appropriées pour se faire connaître et apprécier. Le livre est l’un des plus récents vecteurs de la notoriété et de l’image d’Oujda et rappelle son envergure historique : le Salon Maghrébin du Livre a connu dès sa première édition en 2017 un succès immédiat. Il répond donc à un besoin fort pour les intellectuels maghrébins, les lecteurs qui les suivent et les éditeurs qui entendent les promouvoir. La première édition du Salon avec son thème « Dire la jeunesse, construire l’avenir » fut l’opportunité d’une prise de conscience. Ses préoccupation rejoignaient la politique patiente et systématique menée par la ville à destination de sa jeunesse dans la droite ligne des hautes orientations royales. La littérature et la pensée ont tout intérêt à se concevoir à l’échelle maghrébine, voire africaine comme en témoignent les invités d’honneur, le Sénégal en 2017 et la Côte d’Ivoire cette année.

Oujda s’apprête à accueillir la deuxième édition sur un thème ambitieux : «Réinventer l’universel». Nos auteurs originaires du Maghreb, ceux de l’espace multiculturel arabe, célébrés et respectés, ont un message à transmettre au monde. Nombre d’entre eux attendent de se faire connaître, lire et apprécier ! Oujda s’affirme comme une capitale culturelle maghrébine et cela lui restera bien après 2018. Au nom du Conseil Municipal et en mon nom propre, je souhaite la bienvenue à tous nos visiteurs et leur souhaite un excellent Salon.

 

Omar Hjira
Président du conseil communal
d’Oujda

Universitas…

Le même concept latin, universitas, a donné, en française, Université mais aussi universalité ; ce n’est pas un hasard linguistique. Ce rapprochement se charge de plus de sens encore avec les nouveaux paradigmes de la modernité : mondialisation, globalisation, autonomie des étudiants face à l’acquisition du savoir en tous lieux, orientation durable des recherches, etc. Le thème de l’universel agite les philosophes depuis les origines de la discipline. L’Université elle-même s’est conçue de tous temps comme le lieu de l’universel, où tout ce qui a trait aux spéculations intellectuelles humaines devait trouver sa place. Ces valeurs de totalité et de positivité sont d’ailleurs par nature présentes car le savoir enseigné se doit de pouvoir provoquer toutes les adhésions, en tous lieux et quelle que soit l’origine de la personne. Le souci de l’universalité est donc consubstantiel de l’enseignement comme de la recherche universitaires ; encore bien davantage à l’ère des nouvelles technologies qui assurent leur diffusion mondiale en temps réel. Pour l’Université, «Réinventer l’universel» est donc une préoccupation d’aujourd’hui, une exigence d’une forte actualité, même si ce fut toujours et par nature un devoir.

La circulation «universelle» des idées, des données et du savoir est accélérée, facilitée, démultipliée par Internet. Mais cet outil n’a pas éradiqué les autres instruments de médiation du savoir auxquels déjà Socrate réfléchissait, pas plus que la télévision n’a éliminé le livre. Marshall Mc Luhan avait tort et un nouveau média ne tue pas les autres ; il les bouscule et les force à se repenser. Internet a ainsi provoqué une totale réorganisation des médiations entre les savoirs, ceux qui les constituent et les enseignent, et ceux qui les reçoivent. Ainsi, l’Université en général et l’UMP en particulier, connue pour l’abondance de ses contenus mis en ligne, s’est glissée progressivement dans le nouveau paradigme médiatique.

Nos enseignants comme nos chercheurs ont su s’installer dans le nouveau paysage : ils publient désormais par les différents canaux disponibles et continuent d’alimenter les rencontres ainsi que les modes de publication classiques, où les livres occupent toujours une place privilégiée. Dès le premier Salon «Lettres du Maghreb» en 2017, l’Université Mohammed 1er d’Oujda en fut le partenaire naturel, tant l’édition universitaire est importante, en qualité comme en volume. Hors du champ scientifique, que d’auteurs, essayistes ou romanciers, poètes parfois, sont issus de l’Université !

Non seulement la littérature est enseignée – à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’UMP par exemple – mais nombre d’universitaires collaborent aux éditions, par la correction, les traductions, etc. L’Université Mohammed 1er d’Oujda est donc doublement impliquée dans cette deuxième édition du Salon, par son thème spécifique comme par son objet général. Elle le démontrera à nouveau en animant cette année une importante table ronde, dédiée aux coopérations intellectuelles avec l’Afrique du savoir et de la recherche. S’agissant de l’image de marque de la Région à l’international, dans le Maghreb en particulier, comme envers les autres Régions du Royaume, rappelons que les métiers de la communication, notamment ceux du marketing territorial, sont au nombre des aboutissements professionnels de nos formations, comme ceux de l’édition.

Comme on le voit, il y a beaucoup de bonnes raisons pour que l’Université d’Oujda soit cette année encore un partenaire privilégié du Salon.

 

Mohamed BENKADDOUR
Président de l’Université
Mohammed 1er d’Oujda

Une relation ancienne d’amitié, forgée par l’histoire, lie la France à la belle Région marocaine de l’Oriental. Elle fut renforcée l’année passée par le partenariat noué autour de la création des «Lettres du Maghreb», un Salon que l’Agence de l’Oriental a su installer avec succès dans le paysage méditerranéen et africain dès sa première édition. L’Ambassade de France et l’Institut français sont heureux d’être à nouveau partenaires de ce rendez- vous littéraire.

A l’ère du numérique, le livre et la pensée restent des symboles forts à partager. Face aux bouleversements sans précédents que connaissent les équilibres du monde, le thème retenu cette année, «Réinventer l’universel», nous rappelle l’importance de nous ouvrir sur le monde et sur la différence et de diffuser une parole apaisée. L’écrivain sait jouer de la confusion, il se plait à aller vers l’inconnu, l’indicible ou l’incompréhensible. Il importe aujourd’hui d’être à son écoute pour réinventer l’universel Cette deuxième édition des «Lettres du Maghreb», qui se tient dans la Capitale de la culture arabe 2018, offrira au public l’opportunité d’un vrai dialogue littéraire, ouvert sur un monde en pleine mutation intellectuelle.

Comme l’an passé, elle propose au public une programmation éditoriale exigeante, des débats enrichissants, avec un accent mis sur la jeunesse et sur l’ouverture à l’international grâce à la présence de nos amis de Côte d’Ivoire, invités d’honneur.

Je salue l’engagement de tous les partenaires et forme des voeux chaleureux de réussite et de rayonnement à cette deuxième édition des «Lettres du Maghreb».

 

Jean-François GIRAULT
Ambassadeur de France
au Maroc

Bienvenue à cette deuxième édition !

La deuxième édition du Salon «Lettres du Maghreb» coïncide avec l’événement «Oujda, Capitale de la culture arabe 2018», une désignation influencée par la première édition du Salon organisée à l’initiative de l’Agence de l’Oriental en partenariat avec l’Union Professionnelle des Éditeurs du Maroc ; un motif de fierté pour continuer d’oeuvrer au développement de la culture dans notre pays.
Le Maroc de la culture se déploie au plan national, mais aussi à l’international. Il est présent dans les manifestations et Salons de par le monde, avec la lourde responsabilité de porter haut les couleurs du Royaume, son identité plurielle et sa richesse d’idées et de réalisations. Pour porter cette vision planétaire – car nous voulons renforcer notre ouverture vers les pays du Maghreb, d’Afrique, mais aussi d’Europe, d’Asie et d’Amérique – nous devons professionnaliser davantage notre métier d’éditeur. Cela oblige au respect des règles déontologiques, à commencer par les textes de la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc qui exigent d’apposer un code barre, un numéro de Dépôt Légal et un ISBN sur chaque ouvrage publié. C’est le cas au Salon pour tous les livres exposés depuis la première édition. À ce sujet, le Ministre de la Culture et de la Communication, M. Mohamed El Aaraj, que je remercie vivement, affirme sa volonté d’appliquer l’ensemble des textes existants.

Ceci exige la persévérance et le contrôle continu de la Direction du Livre et nous y croyons fortement au sein de l’UPEM. «Lettres du Maghreb», dont la dimension maghrébine est inscrite dans l’intitulé, a convié plusieurs délégations étrangères, dont l’Algérie et la Tunisie qui y ont plus que jamais leur place. Si le Maroc de la culture fait son chemin, le Maghreb de la culture progresse aussi grâce à nos efforts communs et à nos convictions. La Côte d’Ivoire est l’invité d’honneur de cette édition : merci à mon ami M. Maurice Bandaman, Ministre de la Culture et de la Francophonie, ainsi qu’aux huit auteurs et éditeurs ivoiriens de nous faire l’amitié d’être des nôtres pour célébrer notre ancrage africain.

Côté européen, deux Régions – l’Occitanie en France et Bruxelles-Wallonie en Belgique – sont présentes, renforçant ainsi les partenariats avec les éditeurs marocains.
Je remercie M. Vincent Montagne, Président du Syndicat National de l’Edition en France, de nous rejoindre pour l’ouverture du Salon malgré un emploi du temps fort chargé. Oujda, «Capitale de la culture arabe», reçoit cette année des auteurs de plusieurs pays arabes, comme la Palestine, dont nous accueillons le Ministre de la Culture, M. Ihab Bseiso, ainsi que la Syrie, l’Égypte, le Liban, l’Irak, la Mauritanie… Que le Salon «Lettres du Maghreb» devienne le rendezvous incontournable des adeptes de la libre pensée et du débat, de tout âge, tout pays et toute confession!

Merci à tous les participants et tous les visiteurs, qui font vivre cette initiative, et à toutes les parties prenantes à son organisation, en particulier à l’Agence de l’Oriental avec M. Mohamed Mbarki à sa tête ; un remerciement spécial à tous les éditeurs marocains pour avoir répondu présents et pour oeuvrer ensemble à améliorer notre profession qui nous est si chère. Je conclus par un proverbe africain «La culture est la possibilité même de créer, de renouveler et de partager des valeurs, le souffle qui accroît la vitalité de
l’humanité.»

 

Abdelkader Retnani
Président de l’Union Professionnelle
des Editeurs du Maroc