Le Sénégal : Le livre dans tous ses états 

 

Il faut remonter très loin dans le passé pour retrouver les premiers écrits littéraires au Sénégal. La tradition orale, mode anciennement privilégié de transmission du savoir et des sentiments, a vite été soutenu et accompagné par le texte écrit, apanage d’abord des lettrés musulmans écrivant en Arabe ou en langue nationale avec l’alphabet arabe, ensuite des écrivains produits par l’école française introduite par la colonisation.

Ces deux « systèmes » ont installés au pays du Cheikh Moussa KA et de Léopold Sédar SENGHOR une vielle tradition de respect du livre et de la lecture perceptible jusque dans les endroits les plus reculés du Sénégal où « les Foyers ardents » construisent, grâce au livre, une masse importante, diverse et constamment renouvelée de lecteurs. Il s’y ajoute qu’après l’accession du pays à l’indépendance, s’est développée une littérature en langues nationales écrites avec l’alphabet latin, officiellement codifié par des instances appropriées.

De même, à la suite de pionniers inspirés, des initiatives sont prises traduire en langues nationales, des œuvres majeures de grands auteurs Sénégalais ou étrangers. Aussi peut-on, dans ce pays très tôt ouvert au monde et « poreux aux souffles fécondants de l’extérieur », accéder au « livre dans tous ces états ».

Les auteurs sont innombrables, dans tous les genres. Aussi  ne nous aventurerions pas à les citer. La sagesse Wolof, du reste, nous met en garde : « qui cite des noms risque d’en oublier et de fauter » Des auteurs connus comme Léopold Sédar SENGHOR, Birago DIOP, Cheikh Hamidou KANE, David DIOP, Cheikh Aliou NDAO, Ousmane SEMBENE, Aminata Sow FALL, Mariama BA, Ken BUGUL, Boubacar Boris DIOP, Amadou Lamine SALL, Alioune Badara BEYE, Fatou DIOME, Abdoulaye Racine SENGHOR etc… cachent mal de grands noms comme l’immense Ibrahima SALL  (les bouviers de l’au-delà), Malik FALL, Sada Weindé NDIAYE, Mariama NDOYE, Rahmatou Seck SAMB, Felwin SARR ou les jeunes pousses qui, à l’instar de Mouhamed Mbougar SARR, s’affirment  comme des valeurs sûres des lettres africaines.

Le Ministère de la Culture accompagne le mouvement de création grâce au Fonds d’aide à l’édition qui vient en appui aux nombreux éditeurs qui s’efforcent de donner corps aux nombreux manuscrits, tous genres confondus, dont les auteurs piaffent d’impatience de voir la couverture sur les rayoons des librairies et bibliothèques ou, mieux, entre les mains des lecteurs.

A parcourir la bibliographie des auteurs sénégalais, nous nous rendons bien compte de la prédominance, en nombre, du Roman, suivi de la Poésie, du Théâtre (qui s’essouffle un peu !), de la Nouvelle, du Conte, de l’Essai. Ce dernier genre se développe aujourd’hui et vient enrichir le catalogue par des regards singuliers sur des sujets divers. La critique littéraire, cependant, ne suit pas le rythme, du point de vue de la production de réflexions soutenues et éditées sur des auteurs et des œuvres.

Le Grand Prix du Présidents de la République du Sénégal pour les Arts et les Lettres consacre assez régulièrement des œuvres littéraires de qualité.

Dakar accueille, tous les deux ans, la Foire du livre et du Matériel didactique (FILDAK). Une grande fête internationale du livre et de la lecture qui en est cette année (novembre 2017) à sa Seizième édition.