Hamid Bénani

Scénariste - réalisateur Maroc

En 1958, Hamid Bénani bénéficie d’un stage en art dramatique et d’atelier de création et d’écriture organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Il effectua ses études secondaires aux lycées Poeymirau et Moulay Ismaïl, avant de rejoindre la Faculté des lettres de Rabat où il obtint une licence en philosophie en 1964.

En 1965, il entreprend des études de cinéma à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) actuellement la Femis, dont il est lauréat en 1967, section « Réalisation, production et régie ». Faisait partie de sa promotion l’autre cinéaste marocain, Moumen Smihi. Parallèlement à ses études, à Rabat comme à Paris, il suit les séminaires animés par les philosophes Jacques Derrida, Roland Barthes et Paul Ricœur.

En 1968, il intègre la Radiodiffusion Télévision marocaine où il assure la fonction de chef de service des relations extérieures. Il démissionne de la RTM et fonde en 1970 la société de production « Sigma 3 » en collaboration avec Ahmed Bouanani, Mohamed Abderahman Tazi et Mohamed Sekkat. C’est la société qui produisit la même année son premier long métrage Wechma (Traces).

Le film, dès son achèvement, bénéficia d’une grande notoriété, tant au Maroc, grâce aux mini circuits de ciné-clubs placés sous l’égide de la Fédération marocaine des ciné-clubs (FMCC) qui participa d’ailleurs au financement du film, comme à l’étranger où il obtint de nombreux prix dans les festivals de cinéma. La critique l’accueille avec enthousiasme et lui reconnaît une qualité inégalée jusqu’alors. Il est unanimement considéré comme le film fondateur de la cinématographie marocaine. Les films réalisés précédemment par les cinéastes marocains, notamment « Vaincre pour vivre », « Quand mûrissent les dattes » et « Soleil de printemps », en comparaison avec « Wechma », ne sont que des reproductions, parfois paresseuses, de stéréotypes connus de tous.

Wechma est un film à l’atmosphère pesante qui s’intéressait davantage aux luttes internes des personnages qu’à leurs actions. Ce fut une étape importante dans l’évolution du cinéma marocain puisqu’il ouvrit la voie aux nouvelles techniques de narration explorée par Moumen Smihi, Ahmed Bouanani et Mustapha Derkaoui. Malgré son succès critique, le film ne bénéficia que d’une courte sortie commerciale à Casablanca (Maroc) et ce n’est qu’en 1980 qu’il faut projeté dans la salle d’art et d’essai « 7e Art » à Rabat. Cependant, il fut présenté à plusieurs reprises dans les circuits de ciné-clubs à travers les villes du Maroc.

Il dut attendre presque vingt ans avant de tourner son deuxième long-métrage, La Prière de l’absent, dont le titre initial était Les Secrets de la voie lactée. Ce film est adapté du roman célèbre de l’écrivain Tahar Ben Jelloun La prière de l’absent. Ce dernier film ne bénéficia pas du même accueil réservé au film précédent. Tant de facteurs expliquent ce demi-échec critique et public. Il voulait inculquer à son film une dimension internationale à la manière de Luis Buñuel, dont il est un adepte, d’où le titre initial du film. Car il reste le véritable spécialiste marocain de Buñuel auquel il a consacré de nombreuses études publiées par l’éphémère revue « Cinéma 3 ». Cependant Hamid Bénani revendique plus une influence sartrienne.

SOUS LE HAUT-PATRONAGE DE SA MAJESTÉ LE ROI MOHAMMED VI